"Elle [la vie] nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte [destinée]. Ce signe est la joie. [...]
Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu'elle a gagné du terrain, qu'elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal. Or, si nous tenons compte de cette indication et si nous suivons cette nouvelle ligne de faits, nous trouvons que partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie. [...]
Prenez des joies exceptionnelles, celle de l'artiste qui a réalisé sa pensée, celle du savant qui a decouvert ou inventé. Vous entendrez dire que ces hommes travaillent pour la gloire et qu'il tirent leurs joies les plus vives de l'admiration qu'ils inspirent. Erreur profonde ! On tient à l'éloge et aux honneurs dans l'exacte mesure où l'on n'est pas sûr d'avoir réussi. Il y a de la modestie au fond de la vanité.[...]
Mais celui qui est sûr, absolument sûr, d'avoir produit une oeuvre viable et durable, celui-là n'a plus que faire de l'éloge et se sent au-dessus de la gloire, parce qu'il est créateur parce qu'il le sait, et parce que la joie qu'il en éprouve est une joie divine.
Si donc, dans tous les domaines le triomphe de la vie est la création, ne devons-nous pas supposer que la vie humaine a sa raison d'être dans une création de soi par soi, l'agrandissement de la personnalité par un effort qui tire beaucoup de peu, quelque chose de rien, et ajoute sans cesse à ce qu'il y avait de richesse dans le monde ?"
Bergson, L'Energie spirituelle
Voilà, aperçu de philo...
Me voilà confortée dans la direction que je veux prendre. Malgré tout. A nouveau piquée, envers et contre tout.
J'aurai aimé écrire autour mais tout est trop confus et trop précis en même temps.
Bloub. "Stylé" (enfin !).